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Apocalypse

Classé dans : Textes annexes — 23 avril 2014 @ 14 h 48 min

          Les sirènes… une explosion… Ça y est, les trompettes célestes sonnent l’Apocalypse. Comme un putain de vent qui soufflerait de l’ouest. Une onde de choc qui balaye tout sur son passage. La tuile s’élance dans le ciel rougit, un sinistre préliminaireà la merde. C’est l’annonce du cortège. Tu as remarqué qu’aucun oiseau ne vole ? Plisse les yeux, le zéphyr est tombé, l’Aquilon le supplante… L’alarme général ! Haha ! Vomie des hauts-parleur à chaque coin de rue… La panique ! Ce cri des sirènes qui braillent dans toute la ville ! Qui baignent les rues désertes de bruit stridents. Requiem à l’antique!

Dans la maison close, ce bordel en bunker dégueulant de parfums oubliées, résonnent les échos des contes d’héroïne. L’extase s’y prête quand, protégés par la forêtdes tuyaux à vapeur, les élites s’anesthésient de morbides illuminations. C’est un monde onirique qui s’écroule entre deux volutes de fumée blanche. Les yeux au ciel bétonné du plafond, ils goûtent au foutre des pipes à opium. Leur goût au palet des Hommes est amer et peint des ombres de rides à leurs faciès impavides. Sur lescoussins irritant, cerné de meubles en bois noir, le cadavre en sursis inspire aux tubes à poisons un suicide agréable. J’ai vu leurs cerveaux de yaourt couler par leurs narines.

Dehors sonne la défaite de l’Empire des dépravés. Tandis que l’esprit de raison fuit dans l’oublie, les Alexandre aliénés aux couronnes de cendres suppurent en silence dans leurs palais cyniques. Eux se droguent aux larmes, s’abreuvent aux sillonsde leurs joues creusés. Eux s’enivrent aux lames qu’ils enfoncent à pleines mains dans leurs gorges en frissons ! Borborygmes affreux. Signature d’humanité ! Car à travers les fenêtres aux carreaux brisés, s’effondre la risée de l’univers entier… ! L’aire du feu et du froid se profile quand la ville se change en patinoire embrasée. Les tours et lesponts, tombés sur leurs flancs, fredonnent dans le bruit la dernière oraison !

Prévenus par leurs sirènes rouges de l’approche du Maître, se suicident lesesclaves qui croyait l’avoir pu détrôné et craignent à présent son courroux. Mercure, Dieu des marchands, trace un chemin incendiaire et monnaye les âmes à grands coups de faux. Imperméable aux cris de la finance sans visage, poussant au crématoire lachrématistique. La déferlante de ses foudres frappait sans un regard la foule en panique. Un balet de baltringues pour signer l’officielle médiocrité. Va te faire foutre,compagnon qui n’est pas resté. Tu n’y échapperas pas, la haine du Dieu n’est jamaisrassasiée. Ai au moins la gloriole de nourrir tes yeux d’une belle fin du monde.

J’ai vu son chars noir, sa charrue à bestiaux, avancer sans bâtons ni carottes ; et tiré par sept éléphants furieux, traverser la ville lumière pour la changer en rouille. La foule animal qui suivait son passage chiait de ressentiment sur le peuple des hommes,souiller et recouvrir la Grande Société sous une montagne de merdes. J’ai vu le cheval servile se ruer soudain. J’ai vu le taureau eunuque à l’erratique mollesse mugir de colère. J’ai vu nos versatiles alliés à la loyauté rétractableannihiler à grands coups de fers et de sabots la fillette et le fermier qui les avaient autrefois monté. Creuser à chaque pas des trous comme des tombes.

Tout nos ennemis se rassemblent en hordes. Dans la nuée des rapaces, le faucon fait présidence et serre les fuyants. A la droite du vol, son bailli le hiboufée de la nuit, trace des pentacles runiques sur des débris de pierres. J’ai vu la boîte de lafemme Pandore s’ouvrir, crisser dans l’océan nocturne et se faire cénotaphe de toutes les gorgones et les mules à vices. Son empirique chant les guidant jusqu’à nous, appelant à creuser le sol de leurs doigts maigres, comme le faisaient depuis la surface nos paléontologues. J’ai vu toute la science de la thaumaturgie réveiller cette nuit les Maux Anciens contre l’homme. J’ai vu la Peste Noire et l’Inceste interdit sortir de leurs tombes et briser les scellés. J’ai vu la Lie sinistre, ramper comme un zombie et broyer les vivants. J’ai vu s’avancer, par rapides coups de rames, Thanatos le vieux et Loki le requin. Tour deux encapuchonnés dans une aura de sentences. La marine infernale joue ce soir là à la bataille navale.

Je suppute nos fautes absconses de nous avoir menti sur la crasse qu’elles laissaient. Trois-mille ans de moulins, à brasser l’air du temps et d’adage foireux en évitables négligences, à nourrir leur ire. Nous avons mérité nos tourments.

Voilà pourquoi nous sommes maudits.

Un commentaire »

  1. theophilerobineau dit :

    La finale d’un concours d’écriture. Ce qui est en gras était imposé.

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